L’an dernier, vous avez pu découvrir la rencontre de Samuel et Enya dans notre court-métrage “Coup de foudre à Lieusaint”. Cette année, c’est à vous d’écrire la suite !
Participation au concours
Imaginez votre Coup de foudre à Lieusaint 2, avec de nouvelles aventures pour Enya et Samuel, ou la découverte d’une nouvelle histoire d’amour. Qu’elle soit drôle, touchante ou poétique, écrivez votre histoire et envoyez-la avant le 14 février 2026, par mail à communication@ville-lieusaint.fr ou par message privé sur nos réseaux sociaux. Celle-ci ne doit pas dépasser 2 pages au maximum, et doit inclure les personnages de l’histoire ou un coup de foudre ayant lieu sur la commune de Lieusaint.
Du 16 au 18 février, votez pour votre histoire préférée. Le ou la gagnante recevra un “pack Saint-Valentin” pour profiter à deux de quelques cadeaux bien mérités.
On laisse Chat GPT de côté, et on vous fait confiance pour utiliser votre propre imagination !
À vos plumes… ou à vos claviers !
Votez pour votre histoire préférée
1. L’amour coule de source (ou presque)
À Lieusaint, le ru des Hauldres n’était ni vraiment un fleuve, ni vraiment impressionnant. Il faisait ploc ploc entre les roseaux, sentait un peu la vase, et avait cette réputation étrange : il faisait tomber amoureux les gens… mais toujours au mauvais moment.
C’est exactement là que Camille a rencontré Jules.
Camille courait. Pas pour le plaisir. Elle fuyait une réunion parents-profs particulièrement traumatisante (elle était prof de SVT, ironique quand on y pense). Elle s’arrêta au bord du ru pour reprendre son souffle… et splash.
Jules venait de glisser.
Jules, lui, promenait son chien Chips, un chihuahua persuadé d’être un loup. En voulant récupérer une balle coincée dans les herbes, Jules avait perdu l’équilibre et atterri les fesses dans l’eau, sous le regard médusé de Camille.
— Euh… ça va ?
— Disons que mon ego flotte quelque part en aval.
Camille éclata de rire. Un rire franc, incontrôlable, celui qui fait oublier une mauvaise journée. Jules, trempé mais digne, sourit. Chips aboya contre le ru, clairement jaloux.
Ils discutèrent. De tout. De rien. Du fait que le ru des Hauldres était plus traître qu’il n’en avait l’air. Jules avoua qu’il écrivait des chansons nulles. Camille confessa qu’elle parlait parfois à ses plantes.
Avant de se séparer, sans trop savoir pourquoi, ils trempèrent chacun un doigt dans l’eau.
À partir de ce jour-là, plus rien n’alla normalement.
Camille se mit à fredonner des mélodies idiotes toute la journée. Jules, lui, se surprit à googler “différence entre fougère et plante triste”. Ils se recroisèrent “par hasard” tous les deux jours, toujours près du ru, toujours avec une excuse de plus en plus mauvaise.
Un soir d’été, alors que le soleil se couchait sur et que le ru brillait comme s’il était fier de lui, Jules sortit une guitare.
— Je t’ai écrit une chanson. Elle est un peu nulle.
— Parfait. Moi, je suis tombée amoureuse près d’un ruisseau qui sent la boue.
Il chanta. Chips hurla. Camille pleura un peu, mais discrètement.
Ils s’embrassèrent. Le ru fit ploc. Comme pour approuver.
Depuis, à Lieusaint, on dit que si tu passes près du ru des Hauldres et que tu entends un chien chanter faux et deux adultes rire comme des ados…
c’est que l’amour est encore en train de faire des siennes 💖
2. Coup de foudre à Lieusaint : la suite
Dès les abords de Lieusaint, un point parut évident à Samuel, qui avait abandonné la photographie depuis qu’il ne pouvait plus imprimer ses photos. La fin de la Consommation décidée par le nouveau Ministère de la Vérité avait euraison des allées du Carré Sénart. Il entrait dans un désert dont la seule source de bonheur véritable, la consommation, avait disparu.
Suite à la répression, les allées désormais désertées et qui n’avaient plus été chauffées malgré un hiver particulièrement rude, étaient presque entièrement vides en cette fin de printemps 2030. Qu’elle était loin l’époque oùSamuel avait partagé sa glace à la fraise avec Enya. Ainsi, les allées du supermarché paraissaient immenses. Dans uneboîte à livres, des piles du seul livre autorisé par le Ministère du Tourisme étaient amassées: il s’agissait d’un Annie Ernaux intitulé “Regarde les lumières mon amour”. Les rayonnages de la Fnac étaient quant à eux vides et un rideau de fer obstruait l’entrée du magasin. Enya, non plus, ne pouvait plus trouver de magasin de dessin: les boîtes d’aquarelles, les pastels, les acryliques, les fusains, les châssis et les carnets, les pinceaux et les spatules, tout avait disparu.Comme avait disparu le magasin d’ustensiles de cuisine désormais silencieux dans lequel la mère d’Enya avait l’habitude avant le début de la guerre d’acheter les ingrédients et les produits permettant de réaliser ses chefs d’œuvres de pâtisserie. Il n’y avait plus de bruit dans la cuisine. Après les œufs, le sucre glace, les massepains, les roses ensucre, les décors en chocolat avaient aussi disparu. La petite sœur d’Enya n’avait pas fêté son anniversaire: ces festivités paraissaient désormais appartenir à un autre siècle, définitivement révolu.
Les toitures des Galeries Lafayettes s’étaient effondrées sous les attaques de drones. Les magasins consacrés à la nature ne vendaient plus que des pièges destinés à attraper les nuisibles. Les rayonnages du Carrefour n’étaient désormais remplis que de produits essentiels: lait, pâtes, riz sans date de péremption étaient les seuls produits disponibles en dehors des très rares périodes où l’on ne pouvait trouver que des pommes et des pommes de terre. Les magasins de vêtements et de souliers avaient eux aussi fermé. Les échanges de vêtements dans des sacs poubelles gris hermétiquement fermés pour se protéger des poissons d’argent, des rats et des mites avaient remplacé les essayages. Samuel commandait ses vêtements grâce à l’intelligence artificielle qui lui proposait la tenue la plus adéquate à sa situation et à sa morphologie. Il n’avait plus qu’à récupérer en passant sa commande passée à la borne du théâtre. La dernière campagne de la Générosité avait fait interdire les bijoux, les colliers, les broches, les braceletset les boucles d’oreille. Seules les alliances étaient encore tolérées, si elles avaient été acquises avant 2025. Souvent les articles récupérés dans la boîte à vêtements n’étaient pas vraiment du goût de Samuel, mais peu importait. Il savait que la seule chose qui le rattachait à la vie était de retrouver Enya.
Il l’avait contactée la veille par un réseau social sur lequel il avait appris qu’elle avait l’habitude de se rendre. Elle utilisaitle pseudonyme Ayna1984, sous lequel elle était connue de la communauté. Elle lui avait dit qu’elle le retrouverait au bout de l’allée principale, là où se déroulaient auparavant les expositions temporaires. Une soudaine nervosité s’emparade lui. Il se demanda si elle reconnaîtrait alors qu’il était désormais sans ses cheveux, quasiment chauve, car il avaitperdu sa belle chevelure en quelques semaines. Les litres de lotion capillaire qu’il avait versé sur sa tête ces derniers mois n’avait pas entamé l’inexorable chute de sa toison capitale.
Soudain, au bout de l’allée, derrière les portillons cassés du skate park, non loin des pics qui sortaient de terre, elle apparut, les cheveux coupés court. Elle semblait exténuée, comme si elle avait couru. Elle avait parcouru à pied les cinq kilomètres qui la séparaient du Carré Sénart car le T-Zen ne fonctionnait plus. Lorsque les vitres avaient été brisées par les ultrasons des sirènes d’Etat, les chauffeurs avaient refusé de conduire. Enya avait réussi à rejoindre le centre commercial, prétextant avoir un courrier à envoyer.
Samuel la regarda apparaître au bout de l’allée. Comme il aurait aimé avoir son appareil photographique, le vieux Leica argentique sur lequel il avait commencé. Mais, de photographie, il n’était désormais plus question, comme il n’était plusquestion du petit studio obscur dévolu au développement des clichés qu’il rêvait d’installer chez lui avant la guerre.
D’abord, elle ne le vit pas. Elle s’était rendue au rendez-vous sans être sûre qu’il ne s’agissait pas d’un homonyme ni d’un canular.
-”Enya”, cria Samuel. Enya tourna la tête. Leurs yeux se rencontrèrent. Tout se déroula alors comme si les cinq ans qui avaient passé depuis leur rencontre n’avaient pas existé et comme si leur balade le long des canaux de Lieusaint n’avait pas cessé
– “C’est toi, Samuel ? Je ne t’aurais pas reconnu. Tu as tellement changé.”
-”Oui, mais ce n’est pas nous qui avons changé Enya. Nous, nous sommes restés les mêmes. C’est le monde qui a changé”
-”Tu crois ?” répondit-elle en montrant les trois piercings qu’elle avait au sourcil gauche et son tatouage derrière l’oreilleet en passant ses mains dans sa nuque courte. “Je n’ai plus les beaux cheveux que j’avais avant, ni ma confiance folle dans l’avenir. Personne ne peut imaginer ce que nous avons vécu. Nous ne sommes plus les mêmes. Ce n’est pas lemonde qui a changé, c’est nous qui avons changé”.
-”Oui, tu t’appelles désormais Ayna 1984. C’est joli, cela me rappelle Enya et le Carré Sénart d’avant”.
Et soudain, il sembla évident à Samuel que le temple de la consommation n’avait pas tout à fait disparu. Les explosions de bombes artisanales au sein du centre n’avaient pas réussi à faire disparaître l’humanité de l’être aimé. Malgré ladisparition des cafés et des restaurants, malgré l’absence des vigiles devant les boutiques, en dépit de la fermeture du cinéma, Enya, en arrivant essoufflée au bout de l’allée, avait réussi à faire réapparaître le souvenir du temps passé dans l’esprit de Samuel.
Soudain, un homme armé que les deux amoureux n’avaient pas vu venir passa à côté de Samuel et d’Enya. Il demanda à Samuel de le suivre pour un contrôle. Samuel obtempéra: les dernières mesures gouvernementales interdisaient formellement tout acte d’insubordination et il fallait obéir sans broncher. Enya fut comme prise de panique. Elle ne comprenait pas pour quelle raison Samuel pouvait être arrêté mais, au fond d’elle, elle savait que Samuel n’aurait pas dû se rappeler jusqu’à l’existence d’un “Carré Sénart d’avant”, qu’il n’aurait pas dû le dire tout haut, qu’il risquait gros..
3. Pâquerettes enfantines
« Maman ? Dis, tu m’emmènes jouer au parc ! Steuplé, steuplé, steuplé ! », demanda avec une voix mi-angélique mi-chenapan le petit Léo à Enya.
« Attends mon poussin, je termine avec Eliott d’abord », dit la jeune mère de famille en repliant la couche de son petit dernier.
« Oh maman, si on allait dans la forêt ? Je pourrais nous construire une cabane ! »
« Et pourquoi pas le skate park, tu pourrais t’entraîner avec ta trottinette ? », lui proposa sa mère.
« Oh non pas le skate park, on y a déjà été hier », bougonna Léo.
« Ça y est, ça y est, je sais ! J’ai une super idée, laisse-moi te guider maman, c’est moi qui te fais la surprise ! », s’écria le petit garçon plein d’enthousiasme.
La jeune maman mit son bébé dans la poussette, et les voilà tous trois partis.
Elle le suivit, parcourant les voies douces qui traversent Lieusaint. Il faisait beau, c’était le début du printemps, un doux mois de mars. Les cerisiers étaient en fleurs, jonquilles et crocus pointaient le bout de leur nez.
« Attends-moi Léo, tu vas trop vite ! », criait sa maman, mais le petit était trop pressé de faire la surprise à sa mère.
Arrivés à proximité de l’endroit, Léo dit à sa maman, d’un ton ferme et taquin :
« Maintenant tu fermes les yeux et c’est moi qui vais pousser Eliott ! »
« Et moi alors ? »
« Toi tu me donnes la main. »
« Ok, je te suis », dit Enya, amusée.
Ils marchèrent encore quelques instants, Léo laissait échapper de petits rires en imaginant sa mère découvrir ce lieu mystérieux.
« C’est bon, tu peux ouvrir les yeux » dit-il fièrement. « Alors tu reconnais ? »
« Bien sûr » soupira Enya, se posant sur un banc, le sourire aux lèvres.
« Oui ! C’est ici que papa et toi vous vous êtes embrassés pour la première fois ! », s’exclama Léo d’un petit air coquin.
Enya n’avait pas oublié. Comment oublier cet instant magique qui avait été le début d’une si belle histoire. L’histoire d’un coup de foudre qui s’était transformé en un amour durable et sincère, incarné à présent dans deux magnifiques petits garçons.
« Ne cours pas trop vite Léo », dit la jeune maman, voyant son petit s’élancer avec toute l’énergie de son âge vers les jeux de plein air du Parc de la méridienne.
C’était un mercredi après-midi, le temps. Parents et enfants avaient profité des premiers soleils du printemps pour profiter de ce lieu de promenade bien connu et apprécié pour son cadre bucolique et ses longues allées ombragées. Enya le surveillait de loin, veillant également sur son petit frère, endormi dans la poussette. Léo jouait avec une petite fille. Soudain, il se dirigea vers les buttes centrales recouvertes de pâquerettes. Il y en avait tant qu’on aurait pu croire qu’il avait neigé. Léo cueillit alors une dizaine de fleurs et les offrit à la petite fille qui, pour le remercier de son cadeau, l’embrassa sur la joue. Une scène enfantine qui remplit la jeune maman d’émotions. Elle les regardait en souriant, et ne put s’empêcher de penser, amusée : « Il n’y a pas d’âge pour avoir un coup de foudre à Lieusaint ».